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Historique de la poterie

Les deux branches généalogiques de BOCH sont issues de deux frères, François et Pierre BOCH.

François(1681-1754), mouleur de fonte à Hayange (Moselle)fonde en 1748 la faïencerie d'Audun-le-Tiche. Ses descendants fonderont plus tard la fabrique de la Louvière en 1841, fabrique qui reçut le nom de Kéramis.

L'arrière petit-fils de Pierre, Jean BOCH, né à Rolligergrund  (Esch) le 21-07-1803 vint s'établir à Izel et y installe avec ses trois fils ( Nicolas, Mathieu et Joseph) une poterie en 1850, il y mourut en 1856 de même que son épouse Marguerite Muneaux, décédée en 1884 La plaque de leur tombe est toujours visible au cimetière d'Izel, adossée au mur de l'église Saint-Pierre.

Dans la généalogie, Robert BOCH (77 ans) est le petit-fils de Nicolas (Grand-père paternel) et de Mathieu (grand-père maternel) et que Jeanne (90 ans )et René (85 ans)étaient deux de neuf enfants de Joseph.

 

Des ateliers à Izel, Moyen, Pin et au quartier de la gare.

  Les poteries BOCH s’installèrent  d'abord à Izel où une poterie fut gérée par Joseph et Mathieu le long de l'actuelle Avenue Gilson entre les maisons de René BOCH et M. Jacques. Nicolas installa une autre fabrique, d'abord à Moyen au quartier de Laneuville (première maison à gauche en venant d'Izel) puis à Pin à l'emplacement actuel de la maison de Camille Stevenin. Plus tard, Emile fils de Nicolas, (le père de Robert BOCH) installe une nouvelle fabrique au quartier de la gare où il s'occupa d'une nouvelle fabrique.La guerre de 14-18 vint mettre un terme à la prospérité de cette industrie par la disparition brutale de plusieurs membres de la famille

Emile  fut fusillé par les Allemands en 1914. Les fils de Joseph émigrèrent dans l'Aube en France où ils continuèrent leurs activités.

Quand ils revinrent en 1918, ils retrouvèrent un village détruit et retournèrent dans l'Aude continuer leur travail.

Ils ne revinrent plus au pays.

Le travail des potiers.

  Les deux ateliers mis en activité à partir de 1850 employaient deux espèces de matières premières. le kaolin, argile blanche, importé de la région d'Andenne, permettait la fabrication d'objets les plus fins.

La marne était extraite au village même aux lieux-dits "Ouaissé", "Petit-Routheux" " Méline" et servait pour toutes autres réalisations.

 A leur arrivée à l'atelier, ces terres étaient déversées dans de grands bassins en ciment (de 2 mètres de profondeur et 3m² de superficie) où elles se desséchaient .

 Après quelques temps , elles étaient reprises pour être pansées entre deux cylindres et réduites en fines particules. Ces terres mélangées et malaxées avec de l'eau, constituaient la matière première à façonner.. Ensuite, les blogs étaient coupés à l'aide d'un fil de fer en différentes épaisseurs suivant leur destination et étaient amenés sur les tours après avoir été roulés soigneusement. Le potier leur donnait la forme désirée, de ses doigts habiles et à l'aide du tour qu'il actionnait du pied. Ces tours étant d'un modèle assez primitif. Le modèle le plus simple était constitué d'un pieu en fer, reposant dans un support de forme conique et surmonté d'une tête en fonte. Vers le bas,un immense volant servait à emmagasiner l'énergie; ce premier type était actionné au pied par le potier. Plus tard, Nicolas BOCH utilisait un moteur à gaz pauvre qui fournissait l'énergie à son tour.

Lorsqu'il y avait lieu de décorer le sujet, on comprimait la pâte dans un moule. Suivant les saisons, les produits obtenus étaient soumis au séchage, soit à l'air, soit à la chaleur d'un couvet. Les pots ensuite vernis, c'est-à-dire enduits d'un sel de plomb.

Restait alors la cuisson qui se faisait d'un four à chambre double, l'une pour le foyer, l'autre pour cuisson des pots. Ce four, construit en pierre et en brique, avait des chambres de forme circulaire, d'un diamètre de 2,50 m et d'une hauteur de 1,60 m. Le foyer était entretenu à une forte température avec des fagots de bois. Il en fallait des tas de fagots ! La cuisson durait environ un jour et deux nuits et en plus , il fallait refroidir le four progressivement , ce qui demandait 3 jours supplémentaires.

Dans la chambre de cuisson, qui pouvait contenir un millier de pot de grandeur moyenne, les pots de toutes dimensions ou autres réalisations étaient placés sur des cales de terre cuite.

Des livraisons avec des charrettes !

Malgré un outillage rudimentaire, les potiers de la famille BOCH à Izel produisaient des œuvres diversifiées, notamment des bouilloires, cassettes, cendriers, pots à tabac, corbeilles à fleurs, encadrements,rosaces de plafond (jusqu'à 50 cm de diamètre), abreuvoirs et nids à pigeons, lêche-frites, soupières et autres pots à usage divers. Quelques spécimens de ces belles réalisations existent encore dans de nombreux foyers d'Izel et de la région mais aussi au-delà. A l'époque, les livraisons se faisaient  à l'aide de charrettes et de chevaux et nécessitaient des voyages de plusieurs jours, notamment des livraisons jusqu'à Namur où les potiers Izellois ont tenu un dépôt.

 

La famille BOCH, toujours installée à Izel,, avenue Gilson, avait conservé des documents et photos de l'époque concernant les ateliers de poterie" Boch-Izel". Ceux-ci ont été prêtés au Musée Gaumais il y a quelques années.

Les pots et autres réalisations qui sont toujours là à l'heure actuelle sont déjà de beaux témoignages de la prospérité d'une industrie dont la réputation avait largement franchi les limites de notre région.

                                                                                                                                         Article de Fr JACQUES    (non daté)